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Un registre littéraire est l'ensemble des procédés qui produisent un effet particulier sur le lecteur. Registre tragique : destin inévitable, souffrance, grandeur du héros face à des forces supérieures. Procédés : lexique de la mort/douleur, exclamations, apostrophes, amplification. Ex : Phèdre de Racine, L'Étranger de Camus. Registre comique : faire rire, dénoncer par le rire. Types : comédie de mœurs, de caractère, burlesque, ironie, parodie. Ex : Molière, Voltaire. Registre lyrique : expression du moi, des émotions, de la subjectivité. Procédés : première personne, apostrophes, hyperboles, images. Ex : Lamartine, Senghor. Registre épique : grandeur, héroïsme, batailles, collectif. Procédés : hyperboles, énumérations, comparaisons homériques. Ex : Hugo (Les Châtiments). Registre satirique/ironique : critique par le détournement, le décalage, l'exagération. Ex : Voltaire (Candide), Molière. Registre pathétique : émouvoir par la pitié, la souffrance. Attention : un texte peut mêler plusieurs registres.
Exercice 1 : Identifiez le registre dominant et justifiez avec des procédés précis.
Texte A : 'Ô Sénégal, ma mère ! Ô douce terre natale / Où rêve mon enfance aux savanes de feu...'
Texte B : 'Il avait l'air d'un sac de farine avec des bras et des jambes. Il marchait, ou plutôt il trottinait, comme une poule mouillée.'
Exercice 2 : Rédigez un court texte (10-12 lignes) sur le thème du départ, en utilisant d'abord le registre lyrique, puis le registre épique.
Comment distinguer le registre tragique et le registre pathétique ?
Correction
Le registre tragique implique un destin inévitable et une grandeur du héros — il est condamné par des forces qui le dépassent (destin, dieux, lois morales) mais garde sa dignité. Le registre pathétique vise à émouvoir par la représentation de la souffrance, sans nécessairement la dimension fatale ou la grandeur. Un texte peut être pathétique sans être tragique (ex : un mendiant mourant de froid).
Quels procédés caractérisent le registre épique ?
Correction
(1) Hyperboles (exagération des forces, des batailles, des dimensions) ; (2) énumérations et accumulations pour suggérer l'immensité ; (3) comparaisons homériques (longues comparaisons développées) ; (4) lexique de la guerre, du héroïsme, de la collectivité ; (5) grandeur et noblesse des personnages ; (6) interventions du narrateur pour glorifier les actes.
Comment fonctionne l'ironie voltairienne dans Candide ?
Correction
Voltaire utilise un narrateur naïf (Candide) qui accepte tout avec optimisme béat. L'écart entre la naïveté du narrateur et la réalité horrible qu'il décrit crée l'ironie. Exemple : Candide assiste à des atrocités (guerre, inquisition, esclavage) et continue à penser que 'tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles'. L'ironie est l'arme de la critique philosophique.